Knol : Google ouvre son encyclopédie rémunérée
Guillaume Champeau - publié le Jeudi 24 Juillet 2008 à 11h51 - posté dans Société 2.0
Mon statut
Pirater cet article !
Imprimer

Partenaire de longue date de Wikipedia, Google se lance à l'assaut du partage des connaissances avec une vision beaucoup moins "communiste" du sujet. Avec Knol (prononcez "Nole"), le géant des moteurs de recherche veut créer une encyclopédie en ligne plus traditionnelle, où les auteurs des articles sont clairement identifiés... et rémunérés. Les auteurs ou les groupes d'auteurs qui travaillent sur un article pourront en effet toucher des revenus issus des publicités Adsense qui seront affichées sur les pages de l'encyclopédie. Et les modifications de l'article devront toutes être validées par les auteurs de l'article originel. Deux points qui écartent toute idée de concurrence frontale entre Knol et Wikipedia.

Avec un tel système, les auteurs les plus malins se jetteront sur les sujets populaires qui ont le plus de chances d'attirer le maximum de lecteurs, donc le maximum de revenus publicitaires. Mais pour éviter cet écueil, Google va favoriser la concurrence entre les auteurs, en leur permettant de créer de nouveaux "knols" sur des sujets déjà traités, sur lesquels les lecteurs pourront laisser notes et critiques. Sauf à être expert d'un sujet très populaire, la meilleure stratégie pour l'auteur en quête d'argent sera donc plutôt de se réfugier vers les sujets de niche, qui sont moins lus mais qui sont moins sujets à concurrence.

Avec la rémunération, Google espère aussi faire grimper la qualité éditoriale, en donnant une vraie carotte à ceux qui font le plus d'effort d'écriture. La vision poétique de l'auteur désintéressé qui passe ses journées à partager ses savoirs sur Wikipedia n'est visiblement pas partagée par Google, qui croit d'abord dans les vertus du dollars. Derrière l'affrontement entre deux encyclopédies concurrentes, c'est un combat entre deux visions de la société qui s'amorce. C'est Windows contre Linux. C'est les licences libres contre les majors. Google, qui s'est façonné son image en se rapprochant le plus possible de l'esprit des communautés du libre, fait-il aujourd'hui tomber une partie du masque ?

On espère, en tout état de cause, que Google saura s'astreindre à une éthique irréprochable en séparant parfaitement ses services de création et d'édition de contenus (Knol, YouTube, Blogger...) de celles de moteur de recherche. C'est une autre clé à la question de la neutralité du net...

Vous avez aimé cet article ?
Pirater cet article !
Diffuser sur
Publier sur mon Facebook
Knol, Wikipedia, Google
 
 
6 commentaire(s)
 
myki
Le 24 Juillet 2008 à 12h26
 
Ils auraient pu la prévoir multilingue dés le départ, leur encyclopédie !
Hybrid ...
Le 24 Juillet 2008 à 13h06
« La vision poétique de l'auteur désintéressé qui passe ses journées à partager ses savoirs sur Wikipedia [ajout de moi : ou ailleurs] n'est visiblement pas partagée par Google, qui croit d'abord dans les vertus du dollars. »
Alors le Google Summer of Code, c'est pour ça :·D.
nikogaug
Le 24 Juillet 2008 à 18h47
Tout à fait d'accord avec l'article. C'est plus du partage de connaissance, c'est la marchandisation de la connaissance.
Leur but principal est à mon avis de gagner plus "d'espace web". Comme s'il n'en avait pas déjà assez.
Fin bref, j'aime plus du tout la politique de la maison.
Ashareth
Le 25 Juillet 2008 à 14h32
Hybrid>> Le Summer of Code permet essentiellement à Google de :
- faire de la com pour les communautés libres, et donc d'être encore une fois le "gentil" de l'histoire
- repérer des devs (ils embauchent des gens régulièrement et faut bien les repérer worldwide )
- Faire développer/améliorer des outils/protocoles qu'ils utilisent/distribuent/pensent utiliser histoire de.

C'est tout pour le pognon derrière (directement ou indirectement afin de gagner un avantage stratégique).
Hybrid ...
Le 25 Juillet 2008 à 16h49
J'ai apparemment pas été clair :·c.
Je voulais dire que s'ils agitaient une carotte aux développeur de logiciels libres, c'est parce qu'ils ne croyaient pas en l'archétype du type qui code son programme dans le seul but philanthropique de partager son savoir-faire, et qu'il fallait rajouter la carotte d'un salaire au bout ;·).
Je ne parlais pas de leur but derrière.

Quand à se faire passer pour le gentil de l'histoire, c'est réussi. S'ils arrivent à faire de l'argent en étant plus gentils que leurs concurrents, c'est une pratique commerciale qui n'est pas pour me déplaire, c'est toujours mieux qu'en étant plus méchant :·D.
(Il y a dans ce message une référence cachée à Microsoft, saura-tu la trouver ?)
AvidaDo...
Le 25 Juillet 2008 à 21h05


Google verra son masque tomber...

















contrairement à Numérama, qui ne mélange jamais l'info et le fric.



Votre avis nous intéresse ! Vous pouvez ajouter un commentaire en vous connectant ou en vous inscrivant facilement sur Numerama
Partenaires

Candy-flower
Numerama est un site du réseau PressTIC